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Infections nosocomiales

Une épidémie fait dix huit morts dans les hôpitaux français


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Le système de santé français est confronté à un nouveau défi avec l'annonce mardi 9 décembre, de la mort de dix huit patients à la suite d'infections contractées dans les établissements hospitaliers où ils étaient soignés.

Selon des sources officielles, un total de 112 personnes dans vingt et un établissements hospitaliers du nord de la France ont été infectés par une bactérie qui résiste à la plupart des traitements antibiotiques. Cette épidémie révèle la vulnérabilité d’un système de soins déjà accusé cet été de ne pas avoir pu faire face à la situation d'urgence sanitaire due à la canicule. 15 000 personnes fragiles en sont mortes.Plus récemment, l'arrivée de l'hiver et une épidémie de grippe a également mis à l'épreuve la capacité de traitement des hôpitaux, dans un pays qui se targue d'avoir un des meilleurs systèmes de santé du monde. Ces infections en milieu hospitalier, appelées nosocomiales, ont été signalées sur la période allant de juillet au 3 décembre dans des établissements situés dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de l'Aisne, des Ardennes et de la Marne.Selon le centre de coordination de lutte contre les infections nosocomiales de la Région Nord (C.CLIN), cette épidémie serait en train de diminuer. Les mesures prises (dépistage systématique dans les services de réanimation et de soins intensifs, renforcement des précautions dont l'isolement des patients atteints...) ont permis, selon la préfecture de cette région, de "maîtriser l'extension de l'épidémie qui est actuellement en phase de décroissance". Le germe en cause, "Acinetobacter baumannii", est une bactérie fréquemment résistante à de nombreux antibiotiques et responsable d'infections contractées lors de soins dans des services accueillant des patients fragilisés. Il s'agit d'une souche qui a la particularité de n'être plus sensible qu'à deux antibiotiques : l'imipénème et la colistine, selon des sources médicales. Selon le Dr Anne Carbonne du C.CLIN, "la plupart des patients fragilisés étaient hospitalisés en réanimation et on a observé beaucoup de pathologies pulmonaires, ce qui est classique avec ce germe".Les établissements de soins touchés appartiennent au secteur public et privé et comprennent des établissements dit de "soins de suite" où l'on va par exempleaprès une intervention.La souche d'Acinetobacter baumannii a été identifiée pour la première fois dans le nord de la France en juillet 2001. Selon des sources médicales, elle ne peut être traité qu'à l'imipénème et pourrait même, en l'absence de maîtrise de l'épidémie, développer une souche résistante à cet antibiotique. "La fréquence de ces infections à germes résistants n'est pas seulement un indicateur de la fragilité des patients, mais c'est aussi un indicateur de l'hygiène hospitalière", précise le Dr Carbonne. Cette bactérie "peut en effet survivre plusieurs jours sur les objets et surfaces", indique-t-elle.



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