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Politiques sociales

"Les vieux, ennemi public n°1"


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Dans cette époque qui se dope au "bien viellir" grâce aux progrès scientifiques, les plus de 75 ans sont les grands oubliés.En état de faiblesse physique, parfois mentale, souvent économique et sociale,les personnes âgées comme leurs familles doivent affronter au quotidien une véritable machine à broyer qui relève de l'euthanasie.Une machine administrative et médicale qui transforme chaque étape du domicileà la maison de retraite en passant par l'hôpital, en autant de "pertes de chances".Huit établissements sur dix sont incapables d'assurer une bonne prise en charge, c'est le constat que font après quatre années d'enquête dans les milieux hospitaliers, George Golberiqne, Stéphan Raphaël journalistes et Anne-marieRaphaël, productrice et réalisatrice, et tous trois issus de Sciences et Avenir, dans cet essai : "Les vieux ennemis public n°1."

Des équipes soignantes, sur qui reposent les denis de notre société.

Les auteurs, les professionnels cités : médecins, directeurs de maisons de retraite... sont clairs : les vieux nous gènent, ils sont inutiles, aussi va t-on les reléguer, les pousser...vers ... la fin ?Leurs enquêtes sur le terrain apportent un regard cru sur ces réalités :

  • Vieux relégués après tous les autres, toutes les autres urgences plus urgentes. 7 heures d'attentes pour les personnes de 70 ans, quand l'on sait qu'à ces âges, le temps perdu, passé allongé sans bouger, sans boire ni manger, sans pouvoir aller aux toilettes, sans un mot... est criminel.
  • Vieux dans des établissements non contrôlés, notoirement sous-dotés
  • Vieux renvoyés à domicile, sans précaution, sans vérification des risques... par manque de temps, parce qu'il faut rentabiliser le lit (un lit/une pathologie, or ces vieux sont des poly-pathologiques notoires).Sachant qu'un retour d'hospitalisation mal programmé entraîne très souvent un retour plus grave peu de temps après à l'hôpital, aux urgences.
  • Vieux parfois malades, parfois déments qui sont pris en charge par des professionnels non formés, démunis, deshumanisés. Or "si vous voulez des malades bien traités, soignez vos soigants", soupire le Pr Berthel.Mais il n'existe pas de quotas pour le secteur médico-social, et un EHPAD avec un médecin coordinateur à temps partiel est bien moins cher qu'un établissement hospitalier gériatrique.
  • Vieux dont le poids de la prise en charge repose alors sur le conjoint, la famille, les aidants. Pour les malades Alzheimer, il est rappelé que la mortalité d'un conjoint est 63% supérieure à celle des personnes dont le conjoint ne souffre pas de la pathologie.
  • En un mot, la société ne se donne pas les moyens d'une prise en charge simple et digne de ses membres des plus âgés. Pourquoi? Sachant que l'on continue pour autant de "produire du vieux sans ce soucier" !"Nous vivons alors selon les auteurs, une époque d'euthanasie économique et structurelle", forme d'euthanasie reléguée aux professionnels.Alors que l'on connaît le bon parcours :- un médecin traitant pivot- une bonne évaluation- la bonne source d'information : les CLICS (L'ouvrage recense tous les CLICs de niveau 3)- un hôpital adapté, inscrit dans une filière géritrique, doté de professionnels compétents, formés et en nombre suffisant (zoom particulier sur la profession de kinésithérapeutes)- une maison de retraite où l'on "prend soin".

    Les vieux, ennemi public n°1

    Georges Golberine, Anne-Marie Raphaël, Stéphan Raphaël.Préface de Patrick Pelloux.Essai à commanderHachette Littératures18 eurosJanvier 2004190 pages



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