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Réaction à la chronique : "Et si l'on réinventait les hospices"

Pas de propositions sans financements correspondants


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Découvrez la réaction d'un internaute à la chronique de Jocelyne Wroebel de février dernier : "et si l'on réinventait les hospices" ?Je suis à la fois médecin coordonnateur en EHPAS (GMP > 800), et médecin responsable d'une M.A.S accueillant prioritairement des personnes cérébro-lésées, notamment des personnes en état végétatif.J'ai eu l'occasion de suivre des personnes en état végétatif persistant accueillies par dérogation en EHPAD, de même que toute une autre catégorie de personnes faisant l'objet d'une réelle ségrégation en terme d'accueil prolongé ou définitif : AVC, SEP, chorée, démence cortico-basale, etc, etc...L'espérance d'accueil en MAS est à peu près la même que celle de gagner au loto, en l'état de l'inacceptable politique restrictive des pouvoirs publics d'ouverture de ce type de structure (durée d'attente de 1 à 3 ans en moyenne). En EHPAD, les dérogations sont rares, précaires, et type "parcours du combattant"Dans le cas des traumatisés crâniens, ils ont une petite chance supplémentaire dans la mesure où il y a de plus en plus souvent un financement par uneassurance, et qu'ils peuvent payer les frais d'hébergement dans des structuresprivées (de l'ordre de 150 € par jour), alors que pour les maladies précitées = zéro pour cette possibilité.Admettre de telles personnes en EHPAD, pourquoi pas. Mais il faudra tenir compte de la lourdeur de la prise en charge : on estime qu'une personne en coma prolongé (état végétatif) nécessite (étude ARH) 6 heures de soins infirmiers quotidiens, autant d'heures aide-soignantes.Pensez-vous que les budgets accordés AUX EHPAD dans le cadre de la réforme de la triple tarification, qui imposent sans sourciller un ratio de personnel soignant impliquant qu'une aide-soignante doit réaliser entre 14 et 16 "toilettes" + soins d'hygiène matin et soir, c'est-à-dire en gros et au mieux une dizaine de minutes quotidiennes par résident, puissent permettre d'admettre de tels patients, sans maltraitance délibérée ?Je ne le crois sûrement pas.Et pourtant l'idée des "hospices", dans une vocation généraliste et non uniquement gériatrique, dans un souci de proximité (afin d'éviter les "mouroirs-ghettos" des grandes agglomérations), appuyés par des budgets dignes est une bonne piste de réflexion à mon avis, dans le sens d'une véritable humanité de la politique sanitaire et sociale.Malheureusement, je pense que la "maltraitance des ratios", lorsque nous discutons budget avec les Conseils Généraux, est désormais la règle, et sans vergogne. Le manque de crédit invoqué par les DPAPH leur permet de mettre le plus souvent un point final pratiques aux discussions budgétaires, avec des arguments de type : de toute façon, si vous ne vous en sortez pas, fusionnez ou faites vous reprendre par un grand "opérateur" ....!Tout cela apparemment sans état d'âme...Alors les gens des collectivités territoriales en charge des personnes âgées et handicapées, vous qui invoquez votre souci de tout centrer sur l'usager, comment vous sentez-vous quand, en toute connaissance de cause, vous avalisez par la restriction budgétaire sans précédent que les établissements subissent, une politique gouvernementale aussi indigne et méprisante ?Votre silence est assourdissant.



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