Agevillage

Chronique de Florence Leduc

Le Grand Bazar


Partager :

Aider, soigner, accompagner à leur domicile des personnes fragilisées par l’âge, la maladie, la situation de handicap ou les difficultés familiales est le rôle des structures qui se sont dédiées à ces missions depuis plusieurs décennies.A la faveur des études démographiques, de la militances des associations et del’expression des populations concernées les année 2000 ont vu apparaître une réglementation propre à donner un cadre et une organisation dignes des enjeux sociétaux à prendre en compte ; cela s’est traduit notamment par la mise en placede référentiels métiers et formation, par la création d’un norme de service etautre démarches qualité, par un rattrapage d’un retard considérable concernantles conditions d’emploi et de rémunération.

La loi du janvier 2002

En outre est arrivée la loi du 2 janvier 2002 donnant au secteur de l’aide à domicile un berceau légal qui lui avait tant fait défaut, lui donnant un cohérence entre aide et soins (mais où est passé le décret service de soins à domicile attendu depuis quatre ans ?) et replaçant les personnes en situation d’aide et de soins en amont des dispositifs et comme point de mire des réponses à organiser et diversifier pour leur permettre de vivre leurs choix de vie dans le cadre des normes de la société.Que de travail, d’explications pour que partout sur le territoire national les conseils généraux se préparent à estimer les besoins des personnes, tant sur le plan qualitatif que qualitatif, pour faire le bilan de l’existant, pour assurer un maillage des équipements avec une réponse globale avec des services diversifiés, pour autorise, tarifer… enfin bref, pour mettre en place une organisation digne de ce nom, et surtout pour prendre en compte les individus les plus vulnérables, quelle que soit l’origine des difficultés.

La CNSA

A peine posé, pas encore digéré ni même appliqué dans un certain nombre de lieux, ce cadre est déjà relégué à la (dé)faveur d’une avalanche de textes et de projets qui mis bout à bout s’entremêlent, se contredisent, se chevauchent donnant ainsi une impression de grand désordre, et surtout un sentiment d’absence totale d’un guide, d’un sens, celui qui donne sens aux réformes, afin qu’elles demeurent l’outil d’une pensée collective et non une fin en soi.L’on voit ainsi fleurir une réforme visant à créer une caisse nationale pour l’autonomie censée donner les moyens d’une politique en faveur des populations ayant des incapacités, les vieux d’un coté, ceux que l’on appelle dépendants, justement parce que ils sont vieux et les handicapés d’autre part que l’on appelle handicapés parce que ils ne sont pas vieux même si eux aussi ils ont des incapacités. Cette réforme intervient avant même que ne soir discutée une autre réforme, celle de la sécurité sociale, qui aurait eu une bonne idée d’intervenir avant, tant on n’y voit pas clair entre avant et après !L’on voit aussi discuter (même avec un report dans le temps) le projet de loi d’orientation ou au gré des rencontres tel amendement vient « améliorer » telle ou telle disposition, mettant à mal du même coup tant l’équilibre même du texte, que portant une contradiction avec l’organisation sociale et médico- sociale.Pendant le même temps s’amorce la réforme sur les compétences des collectivités locales remettant en causes des grands équilibres au nom d’une notion très consensuelle et tout aussi mal définie, dénommée « proximité ».

Désengagements autour de l'action sociale

Pour en rajouter, au cas où cela ne le serait pas assez (assez quoi ?) des organismes de retraite diminuent le poids de leur intervention auprès de populations légèrement dépendantes au moment même ou divers plans appelés « canicule » tentent de repérer les personnes à risque, celles justement que l’on ne peut plus aider, car les moyens se raréfient !Ces mêmes organismes n’hésitant pas à réorganiser leurs procédures d’admission dans les dispositifs, comme si les lois n’existaient pas, comme si le journal officiel ne l’était pas (officiel), comme si nous étions fort malades à force de ne pas comprendre l’économie générale de la construction des réformes, à force de vouloir faire chacun sa petite mesure dans son petit coin, à force de négliger au bout du comptes ceux et celles pour lesquels ces réformes sont censées faites ! ou quand les dispositifs deviennent des fins en oubliant qu’ils ne sont que des moyens ; les moyens de politique générale qui pour le coup ont bien été pensées en amont, la loi du 2 janvier 2002 en est une illustration, comme s’il fallait détruire ce qui fait sens, comme s’il fallait faire pour faire.Ne nous parlait ton pas de mesures de simplification du droit ?

Relever ensemble le Défi ?

Se préparer, tous ensemble à relever le défi de l’autonomie de tous ceux qui éprouvent des difficultés dans leur vie, s’accommode mal de ce grand bazar !Il va bien falloir que l’on y retrouve ses petits !



mis à jour le

Partager :


Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article.



Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -