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Solidarité avec les personnes âgées

Les Français ont-ils vécu leur dernier lundi de Pentecôte férié ?


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Les Français pourraient bien avoir connu leur dernier lundi de Pentecôte férié, le gouvernement ayant décidé de consacrer une journée supplémentaire de travail au financement de son plan dépendance, au grand dam des aficionados de la feria de Nîmes ou des boulistes de Lyon.

Le projet de loi sur l'autonomie des personnes âgées et handicapées, adopté en première lecture par les députés le 6 mai, et par les sénateurs le jeudi 27, institue en effet une «journée de solidarité» pour financer diverses mesures (recrutement d'infirmières dans les maisons de retraite, création de places dans ces établissements, modernisation de l'aide à domicile...).Une Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) a d'ailleurs été créée pour «contribuer au financement» de ces actions. La journée supplémentaire de travail sera fixée chaque année dans le privé après négociation par entreprise ou par branche et dans le secteur public, également après négociation.Les salariés pourront choisir entre une journée de solidarité ou sept heures de travail réparties dans l'année. En cas de blocage, le lundi de Pentecôte sera retenu «par défaut». Cette journée supplémentaire de travail devrait entraîner une hausse de la production nationale de 0,3%, selon le gouvernement qui prévoit d'alimenter la CNSA de cotisations patronales du même taux.Selon le ministre délégué aux Personnes âgées Hubert Falco, cela devrait «mobiliser chaque année environ deux milliards d'euros». Une contribution de 0,3% sur les revenus du patrimoine et des placements est également prévue.

Nîmes et Lyon pas d'accord

Le plan dépendance concerne des dizaines de milliers de personnes: quelque 792.000 personnes bénéficiaient au 31 décembre 2003 de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), soit une augmentation de 5% par rapport à septembre 2003, selon la Direction des statistiques (Drees) du ministère des Affaires sociales.Mais la «journée de solidarité» n'est pas du goût des boulistes de Lyon ni du maire UMP de Nîmes Jacques Fournier dont la ville accueille chaque année à la Pentecôte une feria fréquentée par un million de personnes. Ce dernier défend les commerçants et les hôteliers de sa ville contre la suppression de ce lundi férié, estimant qu'un jour de RTT pourrait tout aussi bien contribuer à la solidarité nationale.Le maire de la capitale gardoise a ainsi calculé que le manque à gagner serait de plus de 2 millions d'euros pour le commerce local, soit près du quart du chiffre d'affaires officiel de la manifestation. Les boulistes de Lyon sont également mal disposés face à cette mesure, alors que les tournois de Pentecôte attirent chaque année près de 15.000 personnes dans cette ville. La 92e édition du tournoi est disputée de samedi à lundi par plus de 8.000 boulistes, ce qui constitue le plus grand rassemblement boulistedu monde.«Nous sommes très ennuyés par cette éventuelle disposition», affirme Didier Cherel, vice-président du Comité Bouliste du Rhône (CBDR), organisateur de l'épreuve. «La possibilité, proposée par le gouvernement, de choisir une autre journée de solidarité nous arrangerait bien», conclut-il.



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