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Télé-surveillance

Un outil qui a profité de la canicule


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Après la canicule de 2003 qui a entraîné le décès de 15.000 personnes enFrance, les sociétés effectuant de la télé-surveillance des personnes ont enregistré une augmentation des adhésions mais le marché reste étroit avec quelque 200.000 personnes connectées.

«Le taux d'équipement en France est très faible. En Grande-Bretagne, 1,5 million de personnes sont connectées et on estime qu'en Suède et au Danemark, toutes les personnes concernées sont équipées», explique Jean-Pierre Neyrolles, responsable des services vie quotidienne chez Europ Assistance. Le développement des assureurs et des banquiers sur le marché de la dépendance devrait permettre de généraliser ce produit grâce aux «packages», ajoute-t-il.Pour l'heure, les principaux acteurs sont les compagnies d'assistance, de télé-surveillance de domicile, quelques SAMU ou encore des associations souvent locales.Le principe est simple : une base de transmission avec interphone est reliée à la ligne téléphonique, complétée par un dispositif -médaillon ou bracelet- porté par la personne. L'abonnement mensuel se situe aux alentours de 30 euros, selon le fournisseur.Chez Europ Assistance, 90% des appels sont dits de convivialité (ennui, isolement) et 10% nécessitent une intervention, dont seulement 2 à 5% pour une urgence médicale (SAMU et pompiers) et le reste pour des services non urgents (ravitaillement en médicaments).Pendant l'épisode de forte chaleur de l'été dernier, le nombre d'appels médicaux a été «quasi-normal» mais la plateforme téléphonique a enregistré un bond de 50% des «appels d'angoisse» à la suite de la médiatisation de la canicule, explique M. Neyrolles. En revanche, le nombre de souscriptions nouvelles a crû de 25 à 30%, un effet surtout ressenti sur le troisième trimestre 2003. Europ Assistance a désormais 20.000 abonnés.

Moins de victimes chez les télésurveillés

Même tendance chez Présence Verte, filiale spécialisée de Groupama et de la Mutualité sociale agricole (MSA), qui précise que la canicule «a fait deux fois moins de victimes chez les abonnés de Présence verte que la moyenne nationale».Elle compte 6.000 nouveaux adhérents à fin 2003 (40.000 au total, 3 millions d'euros de chiffre d'affaires).Un essor qui s'explique surtout par la hausse des crédits consacrés par les collectivités locales et par les caisses de retraite pour offrir ce service aux personnes âgées percevant l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) -792.000 à fin 2003, dont 50% vivent à domicile- ou aux maisons de retraite.Le portrait-robot de 70% des abonnés d'Europ Assistance est celui d'une veuve âgée de plus de 80 ans. Si l'âge d'entrée dans le système reste stable au fil des ans -entre 75 et 80 ans-, la durée d'abonnement s'allonge et affiche actuellement 3 à 4 ans en moyenne.Le service Fil Bleu d'Axa Assistance a géré 5.000 abonnements en 2003, dont 60% souscrits à titre collectif par des mairies (Deauville, Tourcoing, Neuilly, etc.). Sa clientèle est composée à 80% de femmes. «La canicule n'a pas apporté de surcroît d'activité car nos clients partent souvent en vacances avec leur famille», explique Sylvie Bogaert-Gautier, directeur de l'assistance chez Axa. Europ Assistance vient de lancer un nouveau service, la surveillance vie : un capteur est installé à un endroit stratégique du logement (porte des sanitaires, par exemple) et s'il ne détecte pas de mouvement en 24 (ou 48) heures, les secours sont déclenchés. Le conseil général du Pas-de-Calais l'a adopté dans le cadre de son plan canicule.



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