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La dénutrition et le risque d'escarres

Définitions, prévention et conseils pratiques


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En France, on évalueà environ 300.000 les personnes atteintes d’une ou plusieurs escarres. L'escarre constitue une maladie qui faute d'être dépistée ou prise en charge précocement, menace sérieusement la qualité de vie de la personne touchée.

L'escarre en bref

L’escarre se définit par une plaie profonde qui se forme aux zones d’appui des personnes alitées ou immobiles. L’escarre est caractérisée par une nécrose (mort) localisée de la peau.L’escarre est la résultante de différentes causes, souvent cumulées :

  • Facteurs physiques : pression du corps aux zones d’appui entre os et plan dur, frictions, perte de sensibilité ou de la conscience, humidité, macération accentuée par la présence de corps étrangers -tels que raccords de sonde urinaire, miettes de pain, adhésifs de pansements-
  • Facteurs intrinsèques : déshydratation, amaigrissement, dénutrition, maladies telles que : anémie, insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale, diabète,maladies vasculaires, diabète.L’escarre va de la simple rougeur de la peau à la plaie profonde touchant non seulement l’épiderme (peau superficielle) mais les tissus sous-jacents (la chair).Une escarre se développe rapidement, passant parfois en quelques heures du stade de la rougeur au stade d’escarre profonde. Non détectée, l'escarre risque d'évoluer vers des lésions irréversibles, impliquant une prise en charge lourde et un pronostic vital en jeu...En revanche, sous réserve d’une prise en charge rapide et efficace, une escarre en formation peut-être jugulée rapidement. Dans ces conditions, elle possède un bon pronostic d’évolution.

    La prise en charge nutritionnelle de l'escarre

    En cas d’escarre(s) constituée(s), le traitement repose sur :

  • les traitements locaux
  • une prise en charge nutritionnelle adaptée
  • En effet, l’escarre augmente fortement les besoins de l’organisme, non seulement quantitativement (apports énergétiques) mais aussi qualitativement (apports en protéines : viande-œuf, poissons, laitages…, en vitamines, minéraux et oligo-éléments)Afin d’éviter la perte d'appétit qui risque de conduire à l’anorexie, une véritable stratégie d’équipe doit être mise en œuvre.Pour exemples : personnalisation des menus, adaptation de la texture, maintien d’une bonne hygiène bucco-dentaire, attention apportée à la convivialité et à la présentation des repas, installation confortable du patient, temps suffisant donné pour le repas, apport d’une aide adaptée, analyse critique des médicaments absorbés et du moment de leur prise par rapport à celle des aliments….Globalement, la prise en charge nutritionnelle s'axe sur deux plans :
  • le suivi hebdomadaire du poids corporel
  • une attention lors des repas visant à évaluer l'appétit et les quantités consommées
  • Les trois situations les plus fréquentes

  • 1) Le patient s'alimente suffisamment 3 à 4 fois par jour, ses repas sont composés d'une entrée, d'un plat, de fromage et d'un dessert-. Il s'agit de poursuivre la surveillance du poids et de s'assurer que l'appétit ne diminue pas.
  • 2) Le patient s'alimente difficilement -les plats ne sont pas consommés intégralement et/ou certains aliments sont refusés -viande, laitage, féculents…-. L'alimentation spontanée ne permet pas de répondre aux exigences nutritionnelles. Le recours à une alimentation "enrichie" en protéines et en énergie s'avére indispensable.On privilégie dans la mesure du possible l’alimentation traditionnelle, en proposant par exemple un potage riche en protéines (fromage ou jambon ajouté à la recette habituelle) ou bien deux desserts riches en protéines (entremets réalisés avec un supplément de lait en poudre ou concentré.A défaut d’alimentation traditionnelle, l’utilisation de compléments prêts à l’emploi -en brick à boire ou type "flan " à manger à la cuillère- a le mérite de la simplicité et permet d’atteindre les objectifs thérapeutiques fixés.
  • 3) Le patient s'alimente peu. L'alimentation orale ne suffit pas. Le recours à une alimentation dite "artificielle" - la nutrition entérale (par sonde nasogastrique) - permet alors d'assurer des apports en protéines et en énergie adéquats, tout en privilégiant des apports alimentaires qui préservent l'habitude et le plaisir de manger.
  • Conseils pratiques pour les proches

    Quatre conseils pratiques :

  • Etre présents lors des repas dans la mesure du possible
  • Etre attentif aux changements de comportements à table, aux fluctuations de l'appétit
  • Mettre en place un cahier de liaison à domicile pour les personnes qui sont présentes lors des repas, qu'elles puissent transmettre des infos,
  • Remplacer un aliment par un autre quand il n'est plus toléré ou boudé (pain de mie au lieu de baguette, œuf ou fromage en remplacement de la viande…)
  • Retrouvez le dossier complet sur les escarres d'agevillage.com



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