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Les personnes âgées, victimes oubliées du raz-de-marée


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Elles sontles victimes oubliées du tsunami en Inde. Les personnes âgées, selon les ONG, se morfondent dans les camps, délaissées par les secouristes qui se concentrentd'abord sur les enfants.

S. Vellu, 55 ans, aveugle et paralysé, a perdu sa maison emportée par les vagues sur la côte du sud de l'Inde. Il gît aujourd'hui sur une natte dans un camp de l'Etat du Tamil Nadu. Personne ne l'aide alors que les secouristes habillent, nourrissent et jouent avec les petits orphelins survivants.Dans le même camp de fortune installé dans une salle des fêtes de Nagapattinam, Nagamma Krishnan, aveugle de 62 ans, s'inquiète de l'avenir. «J'ai perdu ma fille et ma maison. Je ne sais pas ce que je vais devenir. Où vais-je trouver de l'argent ?», demande la vieille dame.Dans ce camp, les personnes âgées doivent attendre avant que l'on s'occupe d'elles, reconnaît le porte-parole d'une organisation regroupant trois ONG indiennes, la Tsunami Relief Fund and Rehabilitation Team.«Nous nous concentrons sur les enfants car ils sont la nouvelle génération», explique Roche Shayaraj.«Eventuellement, si les personnes âgées ont besoin que l'on s'occupe d'elles, on fera quelque chose. Cela peut prendre deux mois avant que cela arrive. Jusqu'ici, les enfants sont plus importants», explique le porte-parole.A ce rythme là, les personnes âgées pourraient mourir avant d'obtenir l'aide dont elles ont besoin, regrette le groupe HelpAge Inde. Selon cette organisation, entre 500.000 et 600.000 personnes âgées ont été touchées par le raz-de-marée du 26 décembre en Inde, qui a frappé la côte sud du pays et les archipels des Andaman et Nicobar.«Elles sont nombreuses à avoir perdu tout soutien et à être littéralement indigentes. D'autres ont perdu leur famille, leur maison, leurs biens et leur moyen de subsistance», explique à New Delhi une porte-parole de HelpAge, Nidhi Raj Kapoor.Selon Mme Kapoor, les personnes âgées ne profitent même pas des distributions d'aide de peur d'être écrasées dans la cohue.«Les gens se ruent pour obtenir l'aide, ce n'est pas une foule disciplinée. Les personnes âgées ne peuvent arriver à temps. Le temps qu'elles y arrivent, il ne reste souvent rien», poursuit-elle.Elles ont besoin de nourriture, d'abris et et de soutien psychologique. Nombre d'entre elles ont perdu leurs enfants et d'autres membres de leur famille, ajoute la porte-parole. Elle donne ainsi l'exemple d'une vieille femme qui a perdu 18 enfants et petits-enfants et qui n'a plus de vivant que son mari.Dans la plupart des camps, les personnes âgées se recouvrent de couvertures données par des associations caritatives et se pelotonnent sur les marches des bâtiments publics où ils se sont temporairement abrités. Dans les rues, de vieilles femmes demandent aussi l'aumone.Selon l'ONG Reaching the Unreachable aucun programme d'aide ne s'adresse spécifiquement aux personnes âgées. Ravi Vepati, un volontaire travaillant dans le camp de Nagapattinam, a fait le même constat: les groupes d'aide ignorent cette catégorie de victimes.«Comme les enfants elles ont aussi besoin que l'on s'occupe d'elle», dit M. Vepati. «Ce n'est pas que je sois contre la cause des enfants orphelins. Ils méritent la plus grande attention. Mais les villageois âgés ont besoin d'être abrités dans une maison spécifique à leur âge et pas dans des camps. Je ne vois personne se préoccuper de leur sort».



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