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A Beauvais, une structure innovante pour accueillir les malades


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Une nouvelle unité de l'hôpital de Beauvais (Oise) a été spécialement conçue pour prendre en charge les malades Alzheimer

Assis autour d'une animatrice, une dizaine de patients commentent l'actualité. Les mots sont parfois hésitants, la mémoire défaillante. Atteints de la maladie d'Alzheimer, ils résident dans une nouvelle unité de l'hôpital de Beauvais (Oise) spécialement conçue pour les prendre en charge.Ouverte en octobre, cette structure, les Héliades, accueille 103 patients âgés en moyenne de 86 ans et à un stade avancé de la maladie, soignés et encadrés par une soixantaine de salariés à temps plein. «Assez unique en France» par sa taille, selon le chef du département de gérontologie du centre hospitalier, Xavier Cnockaert, elle tient compte des besoins spécifiques des malades d'Alzheimer, au nombre de 600.000 en France.Grande baie vitrée dans la salle commune, passerelles en verre entre les bâtiments, rambardes et sols peints de différents tons vifs... l'architecture joue avec la lumière et les couleurs pour donner aux patients des repères que leur mémoire tend à leur faire oublier. «Le côté obscur est repoussoir pour les malades. Dès qu'ils voient un lieu sombre, ils s'enfuient», note le Dr Cnockaert, en précisant que «lorsque le soleil se couche, les résidents deviennent très agités». Des angoisses sur lesquelles travaille une psychomotricienne, par le biais notamment de massages ou de mouvements doux.

«valoriser»

Dans les couloirs, qui portent des noms de rue, quelques patients déambulent, un trouble également lié à la maladie. Certains font ainsi plusieurs kilomètres par jour. D'aucuns cherchent à entrer dans leur chambre, pourtant fermée la journée, pour des raisons thérapeutiques. «La maladie d'Alzheimer se traduit par des troubles de la planification des tâches. Un malade peut attendre sur son lit toute la journée, sans rien faire», justifie le Dr Cnockaert. Comme il est souvent «désorienté», ne sachant plus quand est le jour ou la nuit, il risque également de se coucher.Dans chaque chambre, un éphéméride et une horloge donnent un repère temporel aux résidents, dont la journée est «ritualisée», avec les repas et des ateliers, où ils viennent librement. Revue de presse, chants, théâtre, gymnastique, visent à stimuler la mémoire altérée, à maintenir la motricité, à reculer l'échéance fatale.Leur participation à la préparation des repas est aussi essentielle. «Cela permet de réapprendre des gestes de la vie quotidienne (...) Il faut les valoriser, ne pas les laisser en situation d'échec», explique Isabelle Tessier, animatrice, qui, le matin, les chouchoute dans un petit salon de coiffure. Ce rythme a permis dès la première semaine à cinq patients d'arrêter de prendre des somnifères, selon le Dr Cnockaert.Le personnel a reçu une formation spécifique pour mieux gérer les troubles liés à la pathologie, comme l'agressivité. «Un gant de toilette passé sur le visage peut être vécu comme une gifle par le malade, qui peut donner une gifle à la soignante en retour», souligne le Dr Cnockaert. Les soignants doivent aussi accepter que les Héliades sont souvent la dernière demeure des patients. Pour les familles, qui ont porté le malade très longtemps, l'épreuve est difficile. Considérées comme partie prenante de la thérapie, elles peuvent venir au centre quand elles le souhaitent



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