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2030 : le papy-crash ?

Un débat salutaire et urgent


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Jean-Yves Ruaux, 54 ans, est le rédacteur en chef de Seniorscopie (lettre hebdomadaire internet du groupe Bayard Presse) sur le vieillissement de notre société.D'emblée, l'avertisement de son nouvel ouvrage : "2030 le papy-crash ?" chez Alvik Editions, donne le ton et précise que "les opinions émises dans le livre sont le fait de l'auteur, de sa méchanceté sarcastique et de son esprit pernicieux". En 416 pages documentées, s'appuyant sur les thèses de démographes, chercheurs, sociologues dont Robert Rochefort du Credoc, Jean-Yves Ruaux met les piedsdans le plat. Il pose le débat, sans tabous. Il pense que la guerre des générations se prépare : le système de retraite par répartition ne supportera pas le choc démographique sans réelles réformes. Dans 30 ans, un français sur dix aura plus de quatre-vingts ans. Aucun programme de grande ampleur n'est aujourd'hui envisagé pour s'y préparer. Jean-Yves Ruaux interpelle : comment les générations futures pourront-elles maintenir le système de retraite par répartition ? Comment se positionneront-elles face à leurs aînés, nombreux, qui ne veulent pas vieillir et qui n'ontrien anticipé (cf. page 35 : "aucun projet de société (...) n'a transcendé les combats catégoriels. Néant. Muettes en 2003, les associations de retraités n'ont pas été beaucoup plus éloquentes au printemps 2005, alors que la CFR (Condéfération française des retraités) réunit 2 millions de cerveaux qualifiés et disponibles...".Pour Jean-Yves Ruaux, la crise arrive d'autant que "une haine suicidaire mais partagée du travail" s'est emparée de notre société et que face à l'Alzheimer on va retourner à "l'hospice pour tous".S'ensuit une description apocalyptique des maisons de retraite anglaises actuelles ! L'auteur imagine que les vielles dames japonaises pourraient retourner mourir sur leur montagne, poussées par des générations "à croissance molle et solidarité tamisée".La posture de l'auteur est d'être un "optimiste raisonné", "un catastrophiste éclairé". Il dramatise l'avenir pour l'envisager avec plus de lucidité.Il espère que ces données sont encore des hypothèses incertaines : incertitudes comptables (démographie), politiques (poids des seniors) , économiques (emploi), sociales (géographie).Il espére que les générations actuelles et futures vont faire évoluer ces hypothèses pessimistes et éviter le "Papy-crash" qui concernera la grande vieillesse et son lot de maladies et de handicaps.Il cite néanmoins le point de vue de la mère de Noëlle Chatelet dans "la dernière leçon". Madame Jospin, 92 ans, s'est suicidée pour éviter toute "dépendance". Son cas pourrait faire école si rien en change...Face aux futurs grands vieillards, Jean-Yves Ruaux espère une approche écologique des coûts du vieillissement (co-gestion, implications intergénérationelles...)L'objectif : faire mieux sans dépenser plus tout en obtenant l'assurance d'une vie digne jusqu'au bout.Il part au Japon nous faire découvrir les initiatives innovantes, architecturales...Ses cinq raisons d'espérer :> s'aimer, désirer, s'accomplir pour mieux aider> Travailler pour se réaliser(il appuie sa démonstation par les expériences des interviewés de l'ouvrage "Humanitude)"

2030 : le papy-crash ?"
Jean-Yves Ruaux
Alvik éditions2005
416 pages
17 euros
www.editionsalvik.com
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