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Vieillissement - longévité

Les succès de la science créent les conditions d’un casse-tête socio-économique


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La science crée les conditions d’un allongement de la durée de la vie, mais les systèmes socio économiques ne sont pas adaptés

Les récentes avancées de la science ont le potentiel d'allonger considérablement la vie humaine dans les vingt prochaines années, ont estimé vendredi 18 février des chercheurs, une situation qui pourrait aussi créer, selon eux, un casse-tête économique et social pour le monde.Lors d'une conférence scientifique, le biologiste Aubrey de Grey a évalué à 50% les chances de mettre au point des thérapies dans les deux prochaines décennies permettant de donner environ 25 ans de plus d'espérance de vie humaine. Les percées en génétique et en biologie moléculaires montrant que des manipulations de gènes permettent de ralentir le vieillissement chez des souris et des mouches drosophiles, sont à l'origine des prévisions de ce scientifique de l'université de Cambridge au Royaume-Uni. Il s'exprimait en marge de la conférence annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS).Ce chercheur et ses collègues ont toutefois cité les effets pervers de ces thérapies observées chez les animaux de laboratoire à savoir une extrême sensibilité aux maladies infectueuses. Mais à moyen et long terme ces scientifiques pensent néanmoins que l'espérance de vie, qui a doublé au siècle dernier, va encore considérablements'allonger au 21e siècle et ce à un rythme encore plus rapide grâce à la médecine. «L'effet combiné de ces avancées médicales aura des conséquences majeures sur la communauté mondiale au cours de ce siècle», a pour sa part prédit Shripad Tuljapurkar, un biologiste de l'Université de Stanford (Californie, ouest), auteur d'une étude présentée devant la conférence de l'AAAS et analysant un tel scénario. Selon ce modèle, l'âge le plus commun de décès devrait augmenter de vingt ans entre 2010 et 2030 si les thérapies contre le vieillissement sont utilisées par une grande partie de la population.Un accroissement cinq fois plus rapide de l'espérance de vie porterait l'âge le plus fréquent du décès de 80 à 100 ans dans les pays industrialisés, a indiqué ce scientifique.La population mondiale pourrait ainsi atteindre de 10 à 11 milliards comparativement aux quelque huit milliards donnés par les projections actuelles. Dans beaucoup de pays une telle augmentation du nombre d'êtres humains comme la Chine --qui aurait alors une population de 1,8 milliard-- pourrait créer d'importants problèmes, a jugé Shripad Tuljapurkar.En revanche, un tel allongement de l'espérance de vie pourrait être une bonne nouvelle pour les pays ayant un faible taux de natalité comme la Suède, a-t-il ajouté. Il faut encore que ces années correspondent à un allongement de bonne santé et non d'une multiplication de vieillards souffrant de la maladie d'Alzheimer, a noté ce chercheur.Mais un tel accroissement de la frange la plus âgée de la population risque de considérablement aggraver le problème du financement des systèmes de retraite et de couverture médicale dans les pays industrialisés, déjà menacés par le vieillissement de la génération très nombreuse du «baby boom», selon lui.Le ratio actuel de dépendance est prévu de doubler d'ici 2035 en passant d'un à deux retraités pour cinq actifs. Avec un allongement de 20 ans de la longévité, ce ratio atteindrait quatre retraités pour cinq actifs, a calculé ce chercheur. «Les conséquences budgétaires et fiscales d'un tel scénario donne le vertige», a-t-il dit, suggérant que l'âge de la retraite devrait alors être portée à 80 ans.



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