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Réflexions d'associations de familles sur le Conseil de Vie Sociale en établissement pour personnes âgées

Difficultés et espoirs


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Les premières difficultés viennent d’un manque d’informations et de connaissance de ce que représente le Conseil de Vie Sociale. Nous souhaiterions que cette information soit faite par les établissements avant sa création.
Pour beaucoup le Conseil de Vie Sociale est la même chose que le Conseil d’établissement, seul l’intitulé a changé.
Se pose toujours le problème de l’élection du Président par et parmi les résidents. Dans bon nombre de cas le résident très âgé se trouve propulsé à ce poste alors qu’il ne l’a jamais souhaité, et surtout qu’il n’a aucune connaissance de ses fonctions.

Un certain nombre de responsables d’établissements ne voient pas beaucoup l’intérêt du CVS qui leur donne un surcroît de travail et peut-être complique le fonctionnement de l’établissement. Ils présentent le CVS comme une institution qu’ils sont obligés de mettre en place sans en expliquer le contenu et le sens.Ils assurent à une personne de leur choix qu’être Président ne leur compliquera pas la vie, qu’il n’y aura que très peu de réunion, qu’elles n’auront pas de lourdes responsabilités et qu’elles seront les premières informées des décisions…….
Rien bien évidemment sur le rôle de contrôle et de « pouvoir » consultatif mais bien réel du CVS, ni sur les réelles possibilités qu’il offre à faire évoluer les choses à travers une plus grande implication des résidents et de leurs familles.

Compétences du Conseil de la Vie Sociale (CVS)

Une autre source de difficulté est l’ampleur du CVS qui devrait donner un avis sur « tout »

  • A la fois des questions de « politique sociale »relative à la place des personnes âgées dans la société et le rôle particulier de l’établissement sur le plan local ou départemental.
  • Des questions clés relatives au financement et à la gestion
  • Des questions sensibles comme la qualité des repas
  • Des questions de choix comme les activités d’animation
  • Des questions délicates comme la qualité des soins et l’attitude à avoir envers les résidents qui sont de plus en plus vieux avec des pathologies de plus en plus lourdes sans le personnel en nombre suffisant ni avec la formation et souvent l’organisation qu’il faudrait.

 

Volonté, compétence des élus

Pour bien remplir cette tâche de Président, il faut avoir la volonté et le temps de consulter les textes appropriés et savoir transmettre une synthèse qui soit le reflet des souhaits et des soucis rencontrés. Le principal obstacle ne viendrait-il pas des résidents et des familles eux-mêmes qui n’ont pas la volonté de s’accaparer ce Conseil de Vie Sociale.

Quelle implication des familles ?

Une des principales difficultés du CVS (mais en même temps la piste à suivre pour dépasser les obstacles actuels) réside dans l’implication des familles. Compte tenu de l’âge avancé de la plupart des résidents, il est raisonnable de penser que les rôles les plus actifs du CVS devraient être confiés aux familles plus qu’aux résidents eux-mêmes. C’est vrai pour la relation avec l’organisme gestionnaire, cela l’est moins pour les activités et la prise en charge interne.

POURQUOI ? Bon nombre de familles qui participent à ce CVS ne s'y retrouvent pas, car ce qu'elles disent n'est pas suivi d'effet. "On est las de toujours répéter les mêmes choses et on renonce ». ». « On ne sait rien, on n'a pas de réponse à nos questions ». « Les directeurs ont peur de nous entendre » ...

Les points qui fâchent

Nombreuses sont les EHPAD qui refusent de fournir des informations sur leurs comptes. Il paraît que ce n’est pas de l’attribution du CVS, mais du Conseil d’Administration. Alors pourquoi ne trouvons nous pas systématiquement un représentant des résidents et des familles au Conseil d’Administration avec voix délibérative ?

Lorsque le CVS a eu lieu, le compte rendu n’est pas diffusé à l’ensemble des résidents et des familles mais la plupart du temps affiché sur un tableau que personne ne lit. En conclusion il paraît aussi compliqué aux Directeurs qu’aux familles de s’investir réellement dans ce CVS. Mais si nous faisons le parallèle avec les familles dans le milieu scolaire, il me semble que c’est tout aussi compliqué.
Un représentant doit pouvoir élever le débat pour être entendu et être ensuite force de propositions. Ce n’est pas forcément une question de culture mais souvent de bon sens et de courage.

Fort heureusement il existe des Conseils de Vie Sociale qui fonctionnent. POURQUOI ?

Le directeur s’est investi et l’a fortement souhaité. Il a réuni autour de lui quelques familles qui avaient la volonté de s’investir avec lui.Ont été mises en place des commissions réunissant familles, personnels, résidents afin de mettre à jour ce qui n’allait pas et de réfléchir ensemble sur les améliorations souhaitées ainsi que le projet de vie. (animation, repas, qualité de vie, technique etc …..).
Il faut aussi que le Conseil d’Administration de l’établissement assume la totalité de ses responsabilités et soit un soutien pour le Directeur dans les améliorations qu’il souhaite apporter quand il s’agit de la vie de nos aînés.

FNAPAEF : Fédération nationale des associations de personnes âgées en établissements et leurs famillesS/c BVE - Espace Associatif 53 Impasse de l'Odet 29000 Quimper Tel. 02 40 40 86 01



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Vos réactions

Jacques Rastoul

08/07/2015 08:07

President de CVS et responsable de reseau d'elus de CVS


Le bon fonctionnement du CVS vu la situation actuelle des résidents, dépend de l'implication des familles. Dans notre réseau d'élus de CVS, la présidence du CVS est souvent assurée par une famille, quelque fois en binôme avec un résident. La fonction d'animateur d'un président nécessite qu'il s'appuie sur des compétences au sein du CVS et sur un réseau de familles et de résidents



HENRY

11/02/2014 10:02

D'accord !


Oui, entièrement d'accord avec ce regrettable constat, le CVS est considéré comme une formalité administrative de plus et tout est fait pour l'encadrer dans le sens des intérêts du gestionnaire de l'établissement. La "présidence" confiée à un résident est aujourd'hui une totale aberration sachant que depuis quatre ou cinq ans l'état général de santé des résidents, tant physique que psychique, s'est beaucoup dégradé puisque l'aide à domicile permet l'admission en maison de retraite de plus en plus tard, quand rien ne va plus. Les maisons de retraites privées (exemple celles du groupe Korian, coté chaque jour en bourse) sont des machines à fric avec un objectif déclaré de rendement de 25%. Ainsi sur un coût mensuel minimum de 2.500€, seuls 2.000€ seront affectés au fonctionnement, d'où un manque chronique d'effectif et une alimentation industrielle complètement inadaptée. Les familles doivent faire en sorte que ça change !




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