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Animation ? Plutôt Vie sociale

Philippe Crône auteur de Animer en Humanitude


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En cette période de confinement, d’isolement, la vie sociale est plus que jamais fondamentale, que ce soit à domicile ou en établissement. De nombreuses initiatives inventives fleurissent malgré le contexte pour permettre de continuer d’animer le quotidien des plus fragiles. L'animatrice de l'Ehpad La Kissel à Hettange-Grande a ainsi initié le “ciné-mobile” qui va à la rencontre des résidents qui n’ont pas de TV dans leur chambre. Des séances de Questions pour un champion entre voisins sont organisées en ville, depuis les balcons. Une idée ingénieuse qui pourrait être adaptée en établissement. Retour sur le projet d'animation par Philippe Crône, directeur formateur de l’Institut Gineste-Marescotti Humanitude Animation.

Aide-soignant dans les années 80, Philippe Crône devient animateur en Ehpad en 1986, puis responsable de la vie sociale.

Il développe son concept d’animation et écrit un pemier ouvrage, L’animation des personnes âgées en institution chez Masson. Après une formation de gérontologie sociale, il développe le concept d’animation solidaire.

Il ouvre un accueil de jour Alzheimer entièrement fondé sur la philosophie de l’Humanitude, l’animation solidaire et l’expertise.

Il développe le concept de « Fondu enchaîné » comme une réponse efficace à certaines angoisses de rupture.

Fondateur et formateur depuis 2007, il ne cesse de parcourir les établissements pour partager son expérience et ses outils, notamment dans son dernier livre, Animer en Humanitude paru chez Masson en juin 2017.

Ses enseignements visent à renforcer le professionnalisme des animateurs, acteurs généralement moins considérés dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux où la culture soignante prédomine.

Comment professionnaliser le projet d’animation autour du concept d’animation en Humanitude, du projet d’accompagnement social personnalisé et de l’animateur communiquant ?

L’animation n’est pas souvent considérée comme il se doit dans les établissements d’accueil de personnes fragilisées. On la cantonne souvent dans l’activité de loisir, de plaisir, d’occupation,  bref, ce n’est pas sérieux.

Parce les établissements et services médico-sociaux voient la prédominance de la culture soignante, voire médicale, de prise en charge thérapeutique, l’enjeu est de redonner une place à la dimension sociale et au groupe.

Parce que dans un établissement fourmillant d’agents de soin, le service animation ne comprend qu’une ou deux animateur (rarement plus), il est difficile de faire entendre la démarche sociale.

Il faut donc expliquer aux établissements d’accueil de personnes fragiles, la finalité et le professionnalisme de l’animation socioculturelle.

Mais il faut aussi que les animateurs prennent la mesure de ce professionnalisme et ne pas céder à un activisme tape à l’œil, ni à une approche pseudo-thérapeutique rassurante mais qui n’est pas de sa compétence.

Ce professionnalisme de l’animation passe par le projet d’animation. 

En Humanitude, ce projet se décline sur trois niveaux.

1) Le concept d’animation en Humanitude pour expliquer en quoi et comment l’animateur va accompagner l’établissement vers un lieu où il fait bon vivre. En développant une dynamique sociale porteuse d’envies et de projets vers un vivre ensemble loin de toute ségrégation.

2) Le projet d’accompagnement social personnalisé. 

Pour que les animateurs participent à l’enjeu pluridisciplinaire du projet d’accompagnement personnalisé, en apportant leurs spécificités, leurs compétences et leur légitimité au service du projet de chaque résident. L’animateur doit proposer des outils de traçabilité, de stratégie sociale et d’évaluation en fonction du public accueilli.

3) L’animateur communiquant

L’animateur est un spécialiste de la relation et de la communication. Il est de sa mission d’œuvrer à la médiation, vers l’extérieur, en relayant des valeurs positives de la structure à travers la communication des évènements festifs ou autres, à l’intérieur de la structure, en relayant les valeurs institutionnelles par une position méta et ses compétences de communicant.

Cette réflexion, cette démarche et  ces outils sont indispensables pour mettre en place une animation professionnelle qui, au-delà de l’activité, place la citoyenneté de tous au centre des missions des établissements d’accueil de personnes fragiles.

L’enjeu : que nous accompagnons chacun à vivre sa vie le mieux possible, quel que soit son âge, ses problèmes ou ses pathologies.


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