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Trouver son lieu de vie

Ehpad du futur : et si demain, c'était aujourd'hui ?

Auteur Rédaction

Temps de lecture 3 min

Date de publication 17/08/2020

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Village Alzheimer, Ehpad hors les murs, colocations Alzheimer…

C’est un constat largement partagé, et réaffirmé dans le rapport de Dominique Libault sur le grand âge et l’autonomie : il faudra, demain, proposer de nouvelles solutions pour accueillir les personnes âgées qui ne peuvent plus rester seules chez elles. Et si demain, c’était déjà aujourd’hui ?


Avec quelques mois de retard, le « village Alzheimer » de Dax a enfin ouvert ses portes le 11 juin.

Prévu pour accueillir 120 malades, il propose une conception assez éloignée des structures d’hébergement classiques.

Les « villageois » sont répartis, selon leurs goûts et leurs modes de vie, au sein de 16 maisonnées. Ils y sont accompagnés par deux « maîtresses de maison » (auxiliaires de vie, aides-soignants, aides médico-psychologiques ou assistants de soins en gérontologie).

Des maisonnées organisées atour d’une place centrale où se trouvent une épicerie, un restaurant, un salon de coiffure, un auditorium, un boulodrome et une médiathèque.

Le village, d’une superficie totale de 5 hectares, comprend également une ferme et un potager, autant d’espaces commune qui ont vocation à accueillir les habitants de Dax, une fois que la situation sanitaire le permettra.

L’idée étant de permettre aux résidents de poursuivre leurs activités quotidiennes (sortir pour aller faire les courses, aller se faire coiffer…), de maintenir une vie sociale, de pouvoir sortir se promener s’ils le souhaitent…

« Ici, les soins sont relégués au second plan », souligne Francis Lacoste, le porteur du projet.

Il n’existe par exemple pas d’horaires de visite pour les familles.

Des mesures de sécurité sont toutefois prévues. Les portes des maisons ne peuvent être ouvertes par les villageois entre 20 heures et 8 heures le lendemain matin, et une puce installée dans leurs chaussures avertit le personnel s’ils franchissent les limites du village.

Les professionnels y sont par ailleurs très nombreux (124 salariés pour 120 résidents, quand la moyenne en Ehpad est autour de 60 professionnels pour 100 résidents), et travaillent en tenues civiles. 120 bénévoles, enfin, participent à la vie du village et pourront accompagner les villageois en dehors du site.

Un modèle unique en son genre, qui ne coûte que 59 euros par jour aux résidents (soit le prix médian d’une journée en Ehpad) grâce à de nombreuses subventions.

Ehpad hors les murs pour soutien à domicile renforcé


Selon un rapport paru en janvier 2020, d’autres visions de l’Ehpad de demain fleurissent depuis 2015.

Les auteurs en ont retenu 13 sur tout le territoire, qui ont pour point commun une volonté de proposer un accompagnement adapté aux personnes en grande perte d’autonomie sans pour autant les inciter à quitter leur domicile : ce ne sont plus les âgés qui viennent à l’Ehpad, mais l’Ehpad qui se rend au domicile des âgés.

En savoir plus
Autonomie : c’est quoi un Ehpad à domicile ?

Habitat partagé pour tous

Autre formule qui a connu un développement important ces dernières années, l’habitat partagé, y compris pour les personnes très malades.

Ainsi, les sept habitants de la Maison du Thil, à Beauvais (Oise), se partagent une grande maison de 400 m2 et son jardin de 2500 m2.

Tous malades d’Alzheimer ou apparenté, ils cuisinent, jardinent, participent à la vie de la maison mais aussi de la cité, puisqu’ils prennent part aux événements organisés par Beauvais, accompagnés par leurs familles, des bénévoles et des auxiliaires de vie.

Chaque mois, le conseil de colocation, qui réunit les habitants s’ils le peuvent, leurs familles, les bénévoles et les auxiliaires de vie, revient sur la vie de la maison et les projets à mener.

A Buc, dans les Yvelines, La Maison des sages accueille depuis quelques semaines huit personnes, toutes atteintes elles aussi de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée.

Comme à Beauvais, elles sont chez elles, et prennent part à la vie de la maison comme aux décisions collectives.

La loi Elan du 23 novembre 2018 a donné un vrai coup de pouce, financier principalement, à ce type d’habitat. Une seconde Maison des sages devrait d’ailleurs voir le jour non loin de Buc, aux Loges-en-Josas.

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