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Edito : Faire alliance face à la fragilité, à nos fragilités

Citoyens, familles, proches, professionnels du prendre soin, élus... faisons alliance


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La crise sanitaire du covid-19 n'est pas terminée.

Elle a révélé notamment la nécessaire alliance entre les différents aidants - proches, professionnels - avec tous les acteurs du territoire, auprès des citoyens fragilisés, malades, quel que soit leur domicile.

Toutes les énergies n'étaient pas de trop, ne sont pas de trop pour s'inquiéter de l'état de santé de ces personnes au sens OMS du terme : "un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité". Voir cette semaine le boom du télé-bénévolat. Il faudra toutes ces énergies pour faire face à la vague psychiatrique qui s'annonce avec des personnes (des aidants) épuisés, tristes, aux idées noires.

Toutes les énergies n'étaient pas et ne sont pas de trop pour accompagner au jour le jour, 24 heures sur 24, ces situations complexes qui évoluent en permanence, avec des troubles qu'il nous faut savoir regarder en face pour prendre soin d'eux avec professionnalisme, jusque la fin, jusqu'à la mort. La crise a ainsi précipité des deuils brutaux qu'il sera difficile voir impossible d'affronter seul. Attention aux situations d'isolement, aux angoisses, aux stress, à la charge mentale des proches comme du télé-travail. Ils doivent être accompagnés par des professionnels (voir la plateforme CovidEcoute.org avec ses psychologues bénévoles).

Toutes les énergies n'étaient pas de trop et ne sont pas de trop pour se projeter dans l'avenir : vers cet été potentiellement caniculaire (attention aux fausses bonnes idées), mais aussi vers les vacances à orchestrer pour tous nous ressourcer : personnes qui avancent en âge, plus ou moins fragilisés, proches aidants, professionnels du prendre soin...

Ces énergies sont invitées à converger dans des instances qui rassemblent les différentes composés des parties prenantes des structures d'accompagnement du grand âge : les citoyens concernés, leurs proches, leurs familles, les professionnels, les décisionnaires voire les élus locaux. Ces conseils de la vie sociale (CVS) donnent certes des avis consultatifs sur la vie des services mais elles sont obligatoires dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux depuis... 2002.

Mais qui les connaît ? Qui les pratique ? Qui les utilise pour assurer la qualité de vie des personnes au grand âge, pour assurer la qualité de vie au travail des professionnels indispensables ? Qui les consulte pour partager les "doctrines" des pouvoirs publics en cas de crise (en cas de confinement, de déconfinement par exemple quand certains ne respectent pas ou plus les indispensables gestes barrière) ? Ces lieux de concertation sont aussi des lieux de communication voire de médiation entre les attentes des uns et des autres : plus de sécurité, plus de liberté, plus de tendresse, plus de soins pur et dur ou de prendre soin plutôt... Ces CVS abordent les difficultés, les conflits, les colères, les frustations. Ce sont aussi des structures pour penser la résilience, développer le bien-être des uns (les personnes fragilisées) et des autres (les professionnels qui prennent soin d'elles).
Ceux sont aussi des lieux de revendications pour des justes moyens au regard des besoins (renfort psychologique, pour la vie sociale, pour un prendre soin de qualité, voire labellisé).

Merci à la CFDT-Retraité, merci au réseau des inter-CVS de publier un guide pratique sur ces conseils de la vie sociale.

Ces CVS sont des lieux d'élaboration de la vision de lieux de vie et de santé, des lieux d'alliance des parties prenantes, dont tout à chacun rêve pour ces derniers jours.

Des lieux de débats, de défense des intérêts des uns et des autres. Et déjà aujourd'hui des "Mamies Luger" vont appliquer cette citation de Mauriac : "Ce n'est pas parce qu'on a un pied dans la tombe, qu'on doit se laisser marcher sur l'autre !"

C'est ce que vont découvrir, s'ils ne le savent pas déjà, les nouveaux élus des élections municipales. A côté de la transition écologique qui a percée, la transition démographique avec quatre à cinq générations sur les territoires est à accompagner, concrètement. C'est une source de richesses comme le montre le rapport sur les nouvelles formes d'habitats collaboratifs, inclusifs et le "Lab'Au" qui piste les innovations, les initiatives positives, citoyennes, à mutualiser, pour l'autonomie, à dupliquer, vers des Villes Amies des Aînés (et donc de toutes les générations).

Parce que seul, avec nos fragilités, on ne peut pas vieillir debout, jusqu'au bout, malgré tout.
Il nous faut faire alliance.


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